Qu’est ce qu’une pellicule argentique en 4 questions ?

Lorsque l’on a moins de 20 ans et qu’on nous parle d’argentique, bien souvent on découvre pour la première fois la pellicule. Cette première rencontre peut être surprenante pour certains qui n’ont connu que la carte SD de leur appareil photo ! Mais qu’est ce qu’une pellicule argentique ? Comment ça fonctionne ? Nous allons tenter d’y répondre. C’est parti !

Appareil photo argentique avec pellicule déroulée
@NordWood Themes

A quoi ça sert ?

La pellicule argentique est l’ancêtre de votre carte SD, son rôle est de pouvoir stocker l’information à savoir la photographie que l’on a capturé. En fonction du format de la pellicule, vous pourrez « stocker » plus ou moins de photographies. Ne vous attendez pas à stocker 2000 photos sur une pellicule comme le pourrait votre carte SD. Pour un format 120, vous pourrez stocker en général 12 poses en 6x6cm, et avec un format 135 vous pourrez stocker environ 36 poses. Nous sommes donc bien loin des capacités de stockage du numérique !

Pellicules argentiques et carte SD
@nosoycesar

Qu’est ce que le format ?

Il existe différents formats de pellicules, comme il existe différent format SD (SD, SD mini, SD micro). En effet, le format d’une pellicule correspond à sa forme, un format 120 sera par exemple plus grand que le format 135 (oui c’est tout a fait logique ! … ah non pardon). Le format 120 pourra prendre des poses de 6x6cm tandis que le format 135 ou 35mm prendra des poses en 24x36mm. Contrairement au numérique, le format du support aura un impacte sur l’image obtenue. Plus la pose sera stocker sur une grande surface, plus d’informations y seront enregistrées. On peut comparer ça au nombre de « pixels » sur un numérique. C’est d’ailleurs pour ça que le format 120 ou « Moyen Format » est très utilisé pour les photographies de portrait pour obtenir le maximum de détails. Chaque appareil photo accepte son format associé. Par exemple, je photographie en format 120 en utilisant un Lubitel 166U, et en 135 avec un Kiev 4A ou encore un Canon A1. Le format 135 est le format le plus courant et était celui le plus utilisé au temps de l’argentique. Je ferais des articles plus détaillés sur les différents formats.

Qu’est ce que l’ISO ?

Tout comme le numérique, l’ISO correspond à la sensibilité de la pellicule. Plus l’ISO sera élevé, plus la pellicule sera sensible à la lumière. Seulement contrairement au numérique, où l’on peut changer d’ISO entre chaque prise, en argentique, c’est la pellicule qui est photosensible et est donc créée pour un ISO donné. Vous devrez donc faire toute votre pellicule dans l’ISO indiqué. L’ISO devra être réglé sur le posemètre utilisé avec votre appareil photo. Ce dernier est soit intégré à l’appareil photo comme le Canon A1, soit il est sur un terminal annexe comme le Leningrad 8 qui m’accompagne avec le Lubitel 166U et le Kiev 4A. Pour information un ISO 200 est deux fois plus sensible qu’un ISO 100.

Pellicule argentique ISO 400
Une pellicule d’ISO 400 – @joshuas

De quoi est composée une pellicule argentique ?

Le support

La pellicule argentique est composée premièrement d’un support qui doit être résistant et ne doit pas s’étirer ni se déformer car il sera « tirer » dans l’appareil photo et ne doit pas déformer l’image. Le support doit également être durable et résister au vieillissement puisque ca sera notre stockage. Enfin, le support doit être parfaitement compatible avec l’émulsion (voir ci-dessous).

Le filtre anti-halo

Afin d’éviter une réflexion de la lumière lors de la prise de vue lorsque le rayon lumineux aura atteint le support, on rajoute un filtre anti-halo, qui aura pour rôle de bloquer le rayon lumineux et donc éviter un « aller/retour » sur les couches sensibles à la lumière.

L’émulsion

Dans un film argentique, l’émulsion est l’argent métal qui forme l’image négative. Par négative, on entends que les couleurs (ou le noir et blanc) sont inversées. Donc dans le cas du noir et blanc, du blanc (transparent) sur le négatif donnera du noir, et inversement du noir donnera du blanc.

L’émulsion est donc l’élément actif de la pellicule. Elle est composée bien souvent d’une gélatine dans laquelle se retrouve de manière homogène plusieurs millions de microcristaux d’halogénure d’argent sensibles à la lumière. Dans l’ensemble gélatine / cristaux, ces derniers occupent environ 40% de l’espace. La taille des cristaux aura une incidence sur la photo-sensibilité (l’ISO), et sur la qualité de l’image résultante. Plus les cristaux seront fin, plus l’image sera précise et aura moins de grain.

Lorsque l’on expose cette couche d’émulsion à la lumière, les cristaux d’argents sont colorés. Et donc plus la lumière est forte sur le cristal, plus ce dernier sera chargé en couleur. C’est pour ça qu’on obtient en résultat un négatif de l’image.

En noir et blanc, nous avons en général qu’une seule couche photosensible qui réagit donc au spectre complet de la lumière et noircie au contacte de la lumière.

En couleur nous aurons différentes couches colorées sensibles à des couleurs données par exemple Bleu, Vert, Rouge :

  • Pour la couche sensible au bleu, les cristaux se colorent en jaune
  • Pour la couche sensible au vert, les cristaux se colorent en magenta
  • Pour la couche sensible au rouge, les cristaux se colorent en cyan

Dans tous les cas, une fois exposés à la lumière, les cristaux d’argent ne peuvent pas revenir à leur état précédent. Il faut donc bien faire attention aux manipulation des pellicules, mais aussi aux réglages de l’appareil pour éviter de « cramer » vos pellicules.

Différentes couches d'une pellicule argentique
@Lozère – CC BY-SA 3.0

La protection

Lorsque l’on manipule une pellicule, notamment lorsqu’on l’insère dans l’appareil photo, nous sommes rarement dans le noir absolu. Imaginez votre 36ème pose effectuée, vous êtes sur la plage, ça serait problématique de devoir changer la pellicule 1m sous le sable pour avoir un noir absolu ! Du coup, les différents formats sont protégés de la lumière car pour rappel cette dernière modifie les cristaux d’argent de manière définitive.

Pour le format 120, la protection ajoutée est une feuille en papier opaque derrière le support et donc qui est enroulée avec le support. De cette façon, tant que le papier est présent et épouse parfaitement la forme de la pellicule cette dernière est protégée du soleil.

Pour le format 135, vous retrouverez la bien connue « cartouche » en métal qui protège le film de la lumière.

Ou trouver des pellicules ?

Vous pouvez trouver les pellicules dans certaines boutiques proposant du tirage photographique. Il est également possible de se les procurer sur internet et notamment sur le marchand en ligne bien connu Amazon. Personnellement j’utilise exclusivement la marque Ilford, aussi parce que je développe moi même mes pellicules et donc possède la chimie associée.

Pour les pellicules 135 Ilford en ISO 400 voici un lien : https://amzn.to/35sYL4a
Pour les pellicules 120 Ilford en ISO 400 voici un lien : https://amzn.to/35yxiOp

Voilà, vous en savez déjà plus sur les pellicules. N’hésitez pas à commenter. Merci pour votre lecture et à bientôt pour d’autres articles !

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