Test du Lubitel 166 Universal

Lorsque l’on débute en photographie argentique, la recherche de notre premier appareil est parfois compliquée. En effet, le matériel neuf est très difficile à trouver ! Dans cet article, je vais vous présenter ce qui a été pour moi ma première acquisition, à savoir le Lubitel 166 Universal

Lomo Luibtel 166 Universal et Leningrad 8
Lubitel 166U (Format 120)

Un peu d’histoire

Lomo qui est une entreprise soviétique de l’ex URSS a développé toute une série d’appareils photographiques sous le nom de Lubitel. Lubitel est dérivé du mot Любитель qui se prononce lioubitiel et qui veut dire amateur. Cette série d’appareils a donc pour vocation de finir dans les mains d’amateurs !

Inspiré voir copié, du Voigtländer Brilliant qui fut un appareil photo d’Allemagne de l’ouest, il est de type bi-objectifs.

Le dernier Lubitel sorti d’usine fut en 1993.

Un peu de technique

La finition de cette gamme est brute. D’abord en bakélite (pour le Lubitel et Lubitel 2), puis en plastique (à partir du Lubitel 166).

Le format de pellicule est le 120.

La visée pour cette gamme se fait « ventrale ». C’est à dire, que l’on positionnera l’appareil au niveau du ventre et observera l’image par le dessus. Les deux objectifs sont couplés, ce qui veut dire que, lorsque l’on en tourne un, l’autre tournera également. Le petit objectif du haut, sert à la visée, tandis que celui du bas sert à la prise de vue. Lorsque l’on fait la mise au point, on regarde via l’objectif de visée, et le réglage sera de cette façon automatiquement appliqué à l’objectif de prise de vue ! (Et oui c’est malin !)

Roues dentées permettant aux deux objectifs de tourner en même temps. 📷 sarahbaker

Quels sont alors les différentes versions du Lubitel ?

Lubitel « Amateur »

Produit entre 1949, et 1956 à plus de 1 million d’unités.

Lubitel 2

Produit entre 1955 et 1980 (25 ans de production !) à plus de 2 millions.

Il s’agit d’une évolution du Lubitel « Amateur ». Il intègre donc en plus un compteur, un flash synchronisé et un petit emplacement pour y loger deux filtres d’objectifs.

Lubitel 166

Produit entre 1976 et 1986 à seulement 70 000 unités.

Il s’agit donc d’un modèle assez rare compte tenu qu’il a été beaucoup moins produit. Il apporte des améliorations au Lubitel 2 comme le compteur de poses. Si vous possédez la variante de 1980 pour les JO de Moscou, vous disposez d’une petite pépite 🙂

Lubitel 166B

Produit entre 1980 et 1990 à 900 000 unités

Ce modèle reprends et simplifie le Lubitel 166. On dit au revoir au compteur de pose !

Lubitel 166 Universal

Produit entre 1983 et 1993 à 400 000 unités

Lomo terminera la production du Lubitel sur ce modèle. Il est identique au 166B et inclut la possibilité de prise de vue en 6x6cm ou en 6×4.5cm

C’est donc cette version dont je dispose et que j’ai donc eu l’occasion de tester 🙂

La prise en main

La prise en main de cet appareil est plutôt simple par sa conception.

La mise ne place de la pellicule se fait par l’arrière (rien de surprenant à ça !)

L’avancement de la pellicule se fait sur le coté droit. On surveillera alors la fenêtre rouge a l’arrière de l’appareil jusqu’à ce qu’un nouveau numéro apparait (le numéro de la pose)

Pour viser, on ouvrira la fenêtre située au dessus de l’appareil et on visera en regardant par le haut. La mise au point est faite en tournant l’un des deux objectifs (pas d’importance vu qu’ils sont couplés). En regardant au dessus, on a un numéro qui apparait sur l’objectif du haut, il s’agit de la distance approximative du sujet que l’on souhaite photographier. Il s’agit d’un indicateur pour la mise au point. Une petite loupe peut être déployée dans la fenêtre de visée pour pouvoir faire une mise au point plus fine.

J’ai la chance d’avoir obtenu avec mon Lubitel un posemètre en parfait état de fonctionnement de la même époque et de fabrication URSS également : Le Leningrad 8

Je reporte donc les informations du Leningrad 8, à savoir les réglages d’ouverture et de temps d’exposition, sur l’appareil. Cela se fait coté gauche sur l’objectif du bas en déplaçant les bagues correspondantes.

Réglages de l’ouverture (ici 5.6) et du temps d’exposition (ici 1/125)

Il ne reste plus qu’à déclencher pour prendre la photo. Le déclenchement n’est pas le plus simple sur ces appareils. Le déclenchement se fait coté droit de l’objectif du bas. Vous devez tout d’abord armer le déclencheur en abaissant le levier du haut jusqu’à ce qui soit enclenché. Une fois l’opération réalisée vous pouvez déclencher en utilisant le levier du bas en le poussant légèrement.

Les deux leviers pour armer et déclencher

Le prix

On trouve cet appareil que ce soit sur LeBonCoin, ou Ebay dans les 50 euros, ce qui n’est pas un énorme investissement pour débuter en Moyen Format argentique. J’ai payé le mien sur LeBonCoin pour 50 euros avec le Leningrad 8.

Le résultat

L’appareil utilise le format de pellicule 120. Le format de prise de vue est donc de 6x6cm ou 6×4.5cm (spécifique au 166 Universal). Pour ma part, je préfère utiliser le 6x6cm pour avoir un format carré qui me plait bien. S’agissant d’un moyen format, le détail de l’image est assez impressionnant, en effet le moyen format permet de stocker plus d’information sur la pellicule que le classique format 135 (6x6cm vs 24×36 mm).

Comme bon nombre d’appareils soviétiques de l’époque, le contrôle qualité n’était pas « constant ». Et donc d’un appareil à l’autre le rendu et la qualité de l’objectif 75mm peut différer.

Dans mon test, j’ai utilisé des pellicules Ilford HP5+ en ISO 400.

Ce test a été réalisé dans des conditions non optimales puisque j’ai réalisé moi même le développement et je n’ai pas de scanneur photo pour le format 120. J’ai donc scanné en utilisant une tablette avec fond d’écran blanc en tant que source de lumière a l’arrière de la pellicule développée (Ce qui explique la présence d’artefacts sur certaines photos)

Je trouve personnellement le piqué correct sans être exceptionnel, les contrastes sont bons.

En tout cas, il s’agit d’un appareil que je recommande, qui fonctionne bien et donne des résultats satisfaisants. Et puis son look ne passe pas inaperçu dans la rue ! 🙂

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